
Me voilà à nouveau à glisser mes doigts sur le clavier,après une période de grand vide qui a failli me happer sans me demander mon avis, j'ai été remplie d'un irrésistible désir de me laisser glisser dans le monde glauque que je fréquente régulièrement qui est la dépression. Cette attirance a commencé bien avant que je parte à AIX LES BAINS pour faire une cure afin de me permettre de supporter la douleur qui m'envahissait, ayant repoussé les limites d'un mois pour recevoir ces horribles injections bienfaitrices de Botox, ça y est je suis passé à la torture trimestrielle qui doit me délivrer de ce torticolis durant plusieurs semaines.
Le seul HIC, c'est que j'ai une douleur du bras droit qui perdure et m'oblige à taper lentement de la main gauche. Le séjour à l'hôpital REINE-HORTENSE m'a permis de reprendre mon souffle, en me permettant d'abord de me reposer et ensuite de bénéficier des effets sédatifs de la cure sur tous les muscles crispés, tétanisés de mon corps qui m'avaient enfermée prisonnière d'une armure m'empêchant tout mouvement indolore. Mon cou a retrouvé sa droiture originelle. Deux évènements douloureux ont cassé mon moral: la disparition de ma Mamie C., ma voisine depuis 1985 et le décès du bébé de 15 mois de Nastia, la fille d'une amie russe de mes parents. Une mort pour la première que l'on trouve normale dans l'ordre des choses, puisqu'elle nous a quitté à 98 ans, elle est partie et nous a quittée sans bruit, elle ne pouvait faire autrement, la discrétion étant une de ses nombreuses qualités, il est vrai que depuis que ses enfants l'on mise à la PERGOLA - avec son accord bien entendu , la vue de son appartement vide, m'a troublé durant un certain temps!
J'avais tellement pris l'habitude en me levant de regarder si ses volets étaient ouverts au cas où il lui serait arrivé quelque chose, ses enfants me faisant confiance m'avaient mis dans la confidence et je connaissais la cachette de la clef de la porte d'entrée en cas de soucis, cette voisine était devenue comme une grand mère pour moi.
Que de services elle m'a rendu lorsque les enfants étaient petits, elle était aux anges de pouvoir s'occuper des plus petits pendant que j'amenais les plus grands à l'école; les enfants ont grandis et les rôles se sont inversés, Mme C. en vieillissant a fait appel à moi de plus en plus souvent, c'est ainsi qu'est née une réelle affection pour cette dame âgée, toujours très classe quand elle sortait et qui osait me confier des choses qu'elle ne disait même pas à N., une de ses filles. Quand son mari est décédé après au moins 60 ans de vie commune, cela lui fît un grand vide qui devait ressembler de plusieurs façons au mien qui fricote avec la solitude depuis que les enfants sont partis loin de la maison. Je pense souvent à elle, notamment parce que j'ai hérité d'un buffet Henri II pour "service rendu", ce même buffet Mme C. l'avait reçu en remerciement également pour "service rendu" de la voisine de la maison d'à côté où vivait depuis très longtemps une vieille dame célibataire qui était professeur de piano, maintenant vous ne pourrez nier l'existence d'un buffet pour "service rendu" et j'espère que ce dernier aura le même genre de destinée...En attendant il trône le long d'un beau mur jaune dans ma salle à manger; l'ancien et le moderne font très bon ménage...
La disparition d'un bébé par contre est révoltante, même si je ne suis pas intime avec Bruno et Nastia, j'ai eu l'occasion de les rencontrer à plusieurs reprises; c'est papa qui a reçu un mail annonçant la disparition de ce petit ange, je me suis sentie concernée et j'ai écrit un courrier différent des condoléances classiques, en rentrant à la maison je me suis dit que je devais les appeler, j'ai donc eu Nastia au téléphone, une semaine après l'incinération de son trésor, on a parlé près d'une demi-heure,j'avais le sentiment qu'elle était dans le dénie total, tellement elle me parlait de ces évènements tragiques d'une façon détachée, elle avait repris son travail de prof de russe sur Paris et faisait quotidiennement 5 heures de train, habitant Caen, dans l'espoir d'avoir une mutation l'année prochaine. Je lui ai promis de la rapeller....
Puis la Toussaint est arrivée, PAPA ET MAMAN ont fait un voyage éclair en Ardèche, le temps de faire la tournée des cimetières, ils sont rentrés précipitamment car papa n'était pas en forme. Je leur ai rendu visite presque aussitôt, et je suis arrivée pour la première fois de ma vie au milieu d'une terrible scène de ménage, mes parents ayant 52 ans de mariage!
Maman m' a ouvert la porte, en m'embrassant elle essayait mais en vain de cacher ses larmes, refusant de me dire ce qu'il se passait, elle m'a juste invitée à aller voir papa dans la chambre, porte fermée. Je dois avouer que je tombais des nues, papa était là dans son lit, disant qu'il n'avait envie de rien que de resté couché! Il répétait qu'avec maman il n'avait pas le droit d'être malade. Il faut dire que papa s'occupe bien de maman depuis qu'elle est devenue mal voyante et que durant près de deux ans, avec les interventions de prothèse de genoux qu'elle a subit papa a beaucoup donné. Plus tous les soucis relationnels qu'ils subissent avec S. une de mes soeurs et son mari H. Comme dans beaucoup de famille les occasions de se quereller arrivent souvent avec des histoires d'argent;
ma soeur est atteinte de la maladie du fric, du pognon....et c'est malheureusement une maladie sans traitement , plus on en a, plus on en veut!! elle ne vit que dans le paraître, et ne fréquente que "du beau monde" dont je suis exclue bien entendue mes enfants et moi; enfin elle doit être bien malheureuse pour m'envoyer de temps en temps des mots écrits sur des bouts de papiers déchirés où elle vide son fiel par des mots remplis de haine, de jalousie, me rendant responsable de quoi? je ne sais pas? mais bon c'est comme cela et c'est terrible pour mes parents de subir cette situation et de ne pouvoir rien faire. Je sens que ça les détruits à petit feu. Leur goût à la vie se consume, et je les vois glisser tous les deux sans pouvoir rien faire, vers un gouffre voisin du mien qui s'appelle aussi dépression, sauf que dans leur langage ce mot est banni, surtout pour papa; je suis là, tout simplement, même si je ne suis pas au top de la forme physique, et de temps en temps j'ai tout de même la satisfaction d'avoir trouvé les mots pour les faire repartir un certain temps; comme une vieille voiture qui a fait plusieurs fois le tour du cadran kilométrique!!!!et qui repart après une révision des 400.000!!!!

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