
Me voici de retour à la maison après presque un mois d'absence, passé sur un autre continent, le Mexique; pays fabuleux riche en contradictions perpétuelles dans de nombreux domaines;
J'ai retrouvé la maison, bien vide, sans enfants ni gentes de la race féline....
Je suis allée dès le lendemain manger chez mes parents, et je les ai trouvé fatigués, vieillis, les mauvaises nouvelles n'arrêtent pas de pleuvoir, un tel est mort; une telle est gravement malade, le frère de mon père est hospitalisé, on vient de lui diagnostiquer un cancer dont on ne connaît pas le pronostic vital pour l'instant; tous ces évènements me donnent le sentiment de tasser la silhouette de mon père et ma mère qui s'affaissent petit à petit, avec un terrible poids sur les épaules synonyme de MORT; quand je vais manger chez eux c'est un de leur sujet les plus fréquemment abordé; comme c'est difficile de leur rappeler que l'espérance de vie en FRANCE est encore loin de leur âge; mais leur dernier voyage est souvent au programme des conversations que nous avons au cours de repas hebdomadaires que je leur accorde, prenant conscience qu'ils sont âgés et de plus, pas en excellente santé! que puis-je à part changer de sujet pour parler de choses plus gaies, et de les faire rire quelques instants pour les sortir de la morosité qui les a envahie depuis déjà un certain temps; si j'avais le pouvoir de ralentir ce fichu temps qui lorsqu'on vieilli se transforme en une spirale infernale telle une tornade qui veut vous aspirer dans son oeil pour vous faire disparaître;
Comment puis-je imaginer l'inconcevable, perdre mon père ou ma mère, ne plus les voir, à jamais! mes parents sont rongés de l'intérieur, entre autre par le manque d'amour et de reconnaissance d'une de mes soeurs, mais la disparition par pendaison de mon plus jeune frère en 1986 les hante encore n'ayant pu faire le deuil de leur fils unique. J'ai encore essayé d'envoyer un message écrit à S. pour demander une trêve dans cette guerre froide, qui fini de briser des parents; mais je n'y crois plus trop, je suis simplement témoin d'un drame familial, qui je pense est malheureusement fréquent, de relations parents-enfants difficiles voire inexistantes;
En d'autre temps j'ai moi aussi été dans l'obligation vitale de prendre de la distance, mais ils étaient plus jeunes, et j'ai fait mon chemin... eux aussi d'ailleurs, personne n'est parfait, il faut apprendre à faire des concessions, même si on ne peux faire table rase du passé, il faut dépasser sa colère, ces ressentiments sont destructeurs, il faut savoir lâcher prise, se diriger vers un chemin de pardon; mais c'est peut être impossible pour ma soeur, n'ayant aucune relation avec elle depuis plusieurs années, je ne sais rien...alors dans ces cas là il est bien difficile de savoir comment cerner le problème; car je me sens, peut être en tant qu'aînée le devoir de faire des approches, des tentatives qui malheureusement sont toutes vouées à l'échec: me voilà une bien piètre négociatrice, à mon grand désespoir! Peut être que ma carte de la vierge de Guadalupe fera un miracle...mais j'en doute!!!

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