PARTAGER LE FARDEAU

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Hier, quelqu'un de proche, a réussi à trouver le courage de rompre le silence dans lequel il était prisonnier depuis bientôt 7 ans. Nous avions une conversation, dirons nous anodine quand une phrase en accompagnât une autre au point de se trouver comme sur un tremplin et de se dire, allez j'y vais ce "gros secret" comme il le nomme est trop dur à garder. Et il m'a choisi, MOI, pour le partager, afin qu'il soit moins lourd à porter; sa voix était neutre, sans émotion visible, aucun tremblement dans l'élocution, le débit était rapide, comme pour se libérer le plus vite possible de ce terrible secret, qu'il avait gardé au plus profond de sa mémoire depuis si longtemps, à l'aurée de l'enfance, parce que dès le départ on lui avait dit de se taire, on l'avait menacé de tous les courroux s'il dévoilait cette horrible vérité.
Ce terrible secret le rendait honteux, salit, ignoble aux regards des autres, le remplissait d'une colère incommensurable, qui déroutait tout son entourage proche. Ce cauchemar qui fit parti de son quotidien dura 4 ans, cette réalité était tellement effrayante, que son seul refuge fût la glissade vers une addiction qui l'éloignait du réel, qu'il fallait fuir à tout prix pour pouvoir survivre. C'est ainsi qu'il devint accro à tout ce qui possédait "un petit écran" comme on a pu définir" la télévision", cette lucarne à travers laquelle on peut avoir accès au net ou aux jeux vidéo afin de se créer une autre réalité, plus facile à gérer. Cette addiction est devenu l'arbre qui cachait la forêt; tout son entourage s'est focalisé sur cet arbre, ce symptôme qui cachait une réelle et profonde déprime. Le médecin traitant a cru bon prescrire des neuroleptiques, qui à mon sens est une aberration, lorsqu'on lit la notice du dit médicament, c'est noté: que l'on donne pour les troubles GRAVES du comportement avec agitation et agressivité. Personne n'a essayé de comprendre pourquoi V était agité et colérique! on a cru bon de l'envoyer vers un spécialiste des addictions, un entretien voire deux par mois qui sont stériles à chaque fois car il est impensable pour lui de dévoiler ce fardeau à un HOMME.
Durant notre longue conversation, c'est moi qui est eu des larmes qui m'ont submergées par moment, tellement les émotions étaient intenses, lui, tel un robot me livrait tous ses secrets, parfois avec des mots crus, il me donnait des détails dont je me serais passé; j'étais sans voix ,à part répéter de temps en temps " mais c'est pas possible", "pourquoi n'as tu rien dit?".
Une victime potentielle qui à cause d'un FUMIER est devenu une victime réelle. Personne jusqu'à ce jour ne le traite en victime, c'est un fainéant, un paresseux, un caractériel.....à son âge il devrait travailler, personne ne sait qu'il a eu envie de mourir, de disparaître, pour partir avec son "gros secret" qui l'a avili à l'argent, car on a payé son silence durant 4 ans, personne n'a trouvé bizarre qu'un apprenti ramène tant d'argent à la maison. Cet argent sale il l'a transformé en cadeaux, parfois coûteux....pour sa mère et son père. Cet individu abject a corrompu un être gentil, naïf, qui ne connaissait rien de la vie, il a profité de son jeune âge, de son aspect pré-pubère pour l'entraîner dans un monde peuplé de démons; une fois que l'on a mis un pied dans ce délire paraphilique, la victime est sous domination et n'a plus qu'à subir et se taire.
Cet après midi, les confessions, non le terme n'est pas adapté, les confidences de V m'ayant sacrément déstabilisées, j'ai dû me rendre aux urgences psychiatriques de ST GEORGE afin de larguer moi aussi une partie de ce fardeau, trop lourd pour moi. J'ai pû parler, tout en pleurant, V aimerait pleurer mais est dans l'incapacité de le faire. J'avais besoin que l'on me rassure sur la conduite à tenir pour venir en aide à V. Je vais donc aller avec lui, dès lundi à l'AVEMA pour voir si une femme psychologue peut prendre en charge sa détresse, cet organime existe pour venir en aide aux victimes dans l'ain. J'ai déjà pris un rendez vous avec une psychiatre du CMP pour revoir son traitement et le centre rue gabriel Vicaire prendra le relais. Jusqu'au bout je n'aurai pas prononcé l'abominable mot , le terme insoutenable, le dantesque vocable qui peut briser, casser, détruire, ravager... une Vie entière.

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