LE 11 JUIN 1983? Une date qui a eu beaucoup de mal dès le début, à s'imprimer dans notre calendrier de jeune couple, afin de rentrer dans l'ordre des choses une date d' anniversaire à fêter avec bonheur, puisque elle rappelait l'union de deux êtres qui venaient de s'engager devant Monsieur le Maire pour le meilleur et pour le pire! était- ce un signe? Mr le Maire, ignorant que l'on se mariait seulement à la mairie a carrément occulté la remise des alliances, et c'est, juste avant de sortir des locaux de la Mairie que nous avons échangés nos anneaux symboliques. Le temps a passé, 3 magnifiques présents naissent de cette union, trois beaux enfants aimants qui comblent en partie le gouffre de ma vie, qui remplissent partiellement le vide de l'absence provoquée par l'éclipse totale de l'être aimé, chéri, qui a fait éclater une à une sans vergogne, dénué de scrupules les bulles de passion, de vénération, d'adoration, de tendresse, de désir qui tournoyaient depuis des années autour de nous. Notre union, est partie d'une drôle de façon; le mot est plutôt mal choisi, nous avons eu la malchance de choisir pour sceller notre union deux témoins mon frère NANO et ISABELLE, la femme du Yannick frère aîné de mon mari, nos frangins mutuels ont accompli l'irrémédiable, de manière funeste puisque tous les deux ont opté de nous quitter d'une façon tragique, violente en optant pour l'annihilation, l'anéantissement de leurs vies; chacun d'entre eux, l'un à 26 ans, l'autre à 37 ont choisi de s'éclipser, de décamper sans crier gare, en nous abandonnant dans un désespoir indescriptible!! le plus jeune était mon petit frère, Jean Noël que nous appelions Nano depuis des lustres, le lundi 7 avril 1986, il a commis l'irréparable en se suspendant au bout d'une corde,les mains attachées(détail sordide), accrochée à une poutre du grenier dans la maison que mon grand frère lui louait à Evry en région parisienne. Pour le second il s'agissait de Yannick le grand frère de Thierry , l'homme avec qui j'ai partagé 20 ans de ma vie. Yannick le vendredi 21 avril 1995, après une altercation avec un employé de l'entreprise où il était gérant, a quitté son emploi , à bord de son véhicule comme un automate pour se diriger à plusieurs dizaines de kms sur le milieu du pont de ST Nazaire, enjambant l'embouchure de la Loire; là il s'est garé sur le côté de la chaussée, a vidé ses poches, tout posé sur le siège avant, papiers, clefs, tabac, rouleuse.... et a franchi le parapet faisant une chute mortelle d'au moins 60 mètres. On a retrouvé son corps près de 15 jours après, non loin de Quiberon, à plusieurs dizaines de kms du point de son ultime plongeon.
Pendant quinze ans j'ai été comblée, choyée, aimée, tous les jours j'entendais avec délice « je t'aime de plus en plus... » Cela pouvait il durer? Le rêve a viré au cauchemar au moment de la disparition de Yannick, Thierry restant dans une colère insondable, ne cessait d'éclabousser les enfants et moi de ses « coups de gueules » illégitimes. Il se laissa submerger par ce sentiment qui au bout d'un moment détruit tout, étant dans l'impossibilité de dire les choses simplement quand il était mal; il s'était réfugié dans des hobbies qui tournaient à l'obsession tellement il y dépensa de l'argent. Les timbres, les pin's....... cela devint une telle dépendance, que le week-end, s'il ne travaillait pas il était réveillé aux aurores pour aller chiner sur les vides greniers et foirfouilles, en me laissant seule à la maison avec les enfants. C'est ainsi que Thierry sortit petit à petit de ma vie et de celle des enfants.
Pourquoi moi, pourquoi n'ai je plus droit à la présence d'un compagnon, qui sache me donner Amour, Tendresse, Sécurité. Peux-t'on avoir plusieurs Amours avec un grand A dans sa vie? Je commence à en douter sérieusement, surtout que je ne suis plus « côtée » sur le marché me trouvant en invalidité 2ème catégorie suite à un accident de travail le 6 avril 2002 qui m'a volé Santé, Bien être, Travail, Vie sociale normale, Indépendance. J'ai tout perdu en quelques minutes, en installant ce malade incapable de s'aider, étant dans un fauteuil roulant, pour le positionner confortablement afin de l'attacher avec la ceinture de sécurité, dans la voiture de ses parents âgés qui l'amenaient pour le week-end.

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