

JE VOUS PRÉSENTE CHANTAL L'ANIMATRICE DE NOS 4 JOURS DE STAGE CLOWN A PARIS
Un nez de clown, un petit accessoire magique quand on suit bien la notice. Il faut se méfier des imitations!!! car même dans ce domaine ça existe. Un conseil qu'il serait bon de suivre, c'est de vous inscrire carrément à un stage de clown et là vous serez sûr d'avoir le bon mode d'emploi. Sachez que l'on ne doit pas jouer avec cet accessoire, que vous devez le mettre en tournant le dos au public. Lorsque vous le portez il est vivement déconseillé de le toucher avec vos doigts, rien ne doit être mis en contact avec ce petit bout de caoutchouc rouge, tenu par un élastique, c'est mieux, plus confortable, vous êtes sûr de ne pas le perdre. Une seconde chose qui est encore plus importante, c'est que le clown a droit à l'erreur. La plupart d'entre nous , ne supportons pas l'échec, et bien le clown lui, il a droit de se tromper. La façon de mettre ce petit plus sur votre nez, ne se fait pas n'importe comment, il va falloir laisser tout ce que vous pouvez être, au vestiaire et là, la magie opère; le clown qui est blotti au fond de vous, votre propre clown va pointer son nez!!! ah ah ah!!! c'était difficile de faire autrement; au début il va faire ça de façon discrète, et en fonction de toute une batterie de critères il va peu à peu s'installer en vous, à condition bien entendu de le laisser faire. Il y a des clowns hyper timides, en général ils habitent des gens qui le sont déjà, mais il faut savoir que votre clown peut vous rendre une multitude de services, qu'il est même difficile d'imaginer tant qu'on ne l'a pas expérimenté. Votre propre clown peut vous apprendre une ribambelle de je ne sais quoi "sur vous". Il va de soi, de ne pas se précipiter, simplement suspendre le moment, pour lui laisser le temps de naître. Nous sommes tous, pour la plupart d'entre nous restés 9 mois dans le ventre de notre mère, et bien là c'est pareil, il faut figer l'instant, multiplier les expériences, face à un public sinon ça ne compte pas. Votre clown n'existe que s'il y a un public, sinon il n'y a aucun intérêt. Ce qui m'a le plus fasciné au cours de ces 4 jours de stage en compagnie de mon clown, c'est ce droit à l'exagération, à l'amplification des sentiments par des gestes révélateurs sans pour autant utiliser le dialogue. Il suffit de se limiter à quelques onomatopées caractéristiques sachant que ces dernières auraient été, avec le langage gestuel, une des première manifestations des potentialités de communication linguistique de l'homme. Le langage du clown remonte à la nuit des temps; c'est prodigieux de prendre conscience de cet immense espace temps. D'ailleurs, tout le monde sait que le petit d'homme sait rire avant de parler, et lui aussi adopte un étrange langage. Notre clown doit certainement aller puiser dans notre inconscient lointain, et c'est pour cette raison que nous sommes les premiers surpris de découvrir les capacités de celui-ci. Voilà pourquoi, on propose de plus en plus au gens qui s'intéressent à la connaissance de soi, des stages de clown. Car grâce à lui, il est capable d'extirper, de rembobiner un long fil de mémoire lointaine, qui va entraîner avec lui la montée de sensations, de sentiments, de ressentis qui vont se retrouver libérés. Cette promenade dans le temps passé, il faudra savoir se poser pour vraiment en prendre conscience. C'est possible que des morceaux de puzzle non complémentaires ressurgissent, et dans ce cas il faudra être patient et ranger soigneusement ceux-ci dans un tiroir sans clef facile à ouvrir.
Le plus périlleux, dans cette épreuve, c'est l'exercice d'improvisation, seul, à deux voire plus. Pour moi c'est comme un saut en parachute, un mélange de peur et d'excitation, à se retrouver dans et devant le vide, qu'il va falloir découvrir, apprivoiser pour enfin trouver sa place dans cet espace qui est la scène. Créer au fur et à mesure, ne pas savoir où l'instant d'après va vous amener, être en parfaite harmonie avec tout ce qui vous entoure, prêt à capter le moindre élément pour surfer dessus durant un instant pour rebondir sur le suivant. Cette succession de détails qui naissent naturellement, devient une véritable symphonie, qui peut être une partition pour soliste, duo ou plus. Comme je l'ai dit plus haut on a le droit de faire aussi de fausses notes, c'est pas grave. On retire toujours du positif de toute situation négative, et cela nous permet d'avancer, chacun à son rythme.
J'ai connu un bonheur intense à me retrouver sur cette scène, qui était en réalité une partie d'une salle de cours, on avait délimité celle ci de façon claire, sans oublier les coulisses et la place du public constitué par les stagiaires, qui chacun leur tour se trouveront eux aussi sur la scène.
Mon premier contact avec cette scène, restera longtemps gravé dans ma mémoire. Je n'avais aucune consigne particulière, je devais quitter la coulisse et entrer directement sur cet espace magique et improviser; j'ai suivi les conseils de notre formatrice en faisant le vide complet dans ma tête, de façon à ce que rien ne viennent parasiter quoique ce soit à l'instant où je poserai le pied sur la scène, j'ai jeté un bref regard au public et j'ai commencé à découvrir ce qui m'entourait, je me suis approchée avec prudence vers les baies vitrées de la pièce, en découvrant avec surprises deux énormes radiateurs, mes yeux étaient écarquillés par l'étonnement scandé par des "oh" et des "ah" de ravissement; mes deux radiateurs venaient avec stupéfaction de se transformer en deux magnifiques synthétiseurs; mon visage avait adopté le masque de la surprise, de l'ébahissement en tournant le bouton du radiateur j'ai mis en route mes instruments et me suis laissée entraînée dans une musique endiablée à laquelle j'avais rajoutée des percussions, qui n'était autre que des tringles pour manoeuvrer des stores installés au fenêtres; je poussais des cris de ravissement en harmonie avec les mouvements de grande ampleur que je faisais, en m'appliquant à suivre un rythme gracieux, il fallait que je prépare ma sortie , j'ai attendue que le balancement de mes tringles percussions ralentissent, j'ai fermé le son de mes synthétiseurs en tournant les boutons de mes radiateurs qui n'étaient autres que les boutons de marche, arrêt, et je me suis éloignée tout en regardant le public en lui faisant voir mon ravissement d'avoir créer une merveilleuse symphonie, pour eux, j'entendais encore des notes de musique dans ma tête, et je me suis retrouvée derrière le paravent qui était la coulisse, le temps de reprendre mon souffle, ma respiration était exacerbée par le port du nez rouge, je quittais pour la première fois mon clown, en enlevant mon nez. J'étais redevenue Régine, et me présentait à mon public de camarades, pour partager avec eux ce que je venais de vivre: "c'est super, mais je n'avais pas conscience que c'était si physique, j'en redemande c'est trop bien!!!!"