
François m'a téléphoné cette semaine pour m'inviter à manger en compagnie de ses 2 garçons, c'est son we de garde. J'ai connu F. en quelque sorte derrière les barreaux, puisque c'était dans le service psychiatrique EPIDAURE à ST GEORGES; mes enfants étant partis plusieurs jours chez leur père à BRUXELLES, me retrouvant seule et très mal psychologiquement pour les fêtes de Noël 2006, j'ai préféré demander de l'aide à ma psy qui m'a fait hospitaliser une quinzaine de jours "chez les fous"; ce séjour fût terrible, moi infirmière me retrouver de l'autre côté de la barrière, on m'a fouillé la valise, enlevé tout ce qui pouvait contenir de l'alcool ou être dangereux pour moi ou bien les autres, je n'avais amené aucun objet tranchant, pas droit au téléphone que j'avais caché dans mon soutien gorge!!! je m'en suis servi tout le séjour; Quelle chance j'étais dans une chambre seule où je pouvais me réfugier. Je suis restée en pyjama les 4 premiers jours c'est le règlement sans contact avec l'extérieur, sans visite, mon armoire était fermée à clef et lorsque j'avais besoin de quelque chose il fallait aller à "l'aquarium" demander la permission à un infirmier. Les 4 premiers jours passés j'ai eu droit de faire des petites sorties dans le grand parc de l'hôpital, j'avais tout le temps l'impression d'être surveillée. Je suis rentrée dans ce service de mon plein gré car j'étais en permanence assailli par des scénarios de mort, toujours les mêmes images, toujours la même mise en scène, et j'avais peur dans un moment d'égarement de passer à l'acte; J'étais dans l'incapacité de contrôler ces flashes qui m'épouvantaient, il est vrai que notre famille n'a pas été épargnée par les morts violentes, mon frère Jean-Noël s'est pendu un lundi 7 avril 1986, alors que j'étais enceinte de Thomas, mes parents et Thierry sur les conseils de l'obstétricien m'ont caché la vérité jusqu'au 7 juin environ (15 jours après la naissance de Thomas)...Yannick le frère de Thierry lui, s'est jeté du haut du pont de ST NAZAIRE le 21 avril 1995, on a retrouvé son corps 15 jours après à 30kms vers l'embouchure de la Loire. Manu, le mari de Véro ma cousine germaine s'est pendu le 8 avril 2000!!j'arrête là ma liste.
C'est donc durant ce charmant séjour au Club, que j'ai sympathisé avec François, lui était là depuis je crois 8 ou 9 mois, il était en placement d'office, décision prise par le préfet car François a déjanté, à la suite de l'arrêt brutal de son traitement se sentant mieux et personne ne lui avait dit qu'il fallait le prendre à vie. François a une psychose, très équilibrée sous traitement, lui permettant de vivre comme tout à chacun, il est électricien de métier. Au moment de mon hospitalisation, il cherchait une location, pour recommencer à travailler, n'ayant aucune fiche de paye depuis plusieurs mois, personne n'acceptait son dossier incomplet car il avait un VIDE de 9 mois dans sa vie! sa maladie a été le détonateur de son divorce. Sans avoir trop réfléchi, je l'avoue, mais voulant lui tendre la main, je lui est proposé pour un ou deux mois de lui louer la chambre de Thom, parti depuis le début de l'année scolaire à Buenos-Aires en Argentine. De plus ça m'arrangeait car j'avais des problèmes de trésorerie; ça arrangeait tout le monde; ce qu'il y a c'est que son séjour s'est prolongé jusque fin juin, et là je dois dire que j'étais contente qu'il parte!!nous nous sommes quittés en bon termes, la preuve dans un quart d'heure je sonne à sa porte avec le dessert dans les mains, je vous souhaite bon appétit.

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